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Cassoulet'Land

Le PDU: un exercice périlleux pour les élus

8 Décembre 2011, 15:22pm

Publié par Marius

dérapage

La communauté urbaine a des obligations en matière d'aménagement du territoire. En particulier elle se doit de mettre en conformité les nécessaires projections d'évolution de l'agglomération à 10 ans; cela  porte le doux intitulé de Plan de Déplacement Urbain.
 Ainsi une batterie de documents administratifs doivent faire l'objet d'un travail lourd de la part des services fonctionnels permettant de programmer l'évolution des voies et moyens de communications à l'intérieur d'un périmètre urbain. Le PDU, tout comme le PLU et le SCOT sont donc exigés du côté de la Préfecture. Toulouse et les communes rattachées n'y échappent pas....Rien de plus normal.


J'ai donc assisté à la présentation des études réalisées. L'anachronisme saute rapidement aux yeux; nous sommes face à une équipe municipale dont le mandat est largement entamée (3ans) qui nous présente, par nécessité administrative, (et grâce à une forte délégation des services fonctionnels) un projet à 10 ans. Une  durée.... correspondant à  deux mandats complémentaires (forcément hypothétiques car la démocratie offre aux électeurs d'arrêter une expérience en cas de besoin).

Dans cet exercice imposé toute l'habileté consiste à expliciter un projet qui, d'une manière générale, aura très largement échappé à ces concepteurs. Le positif de l'affaire est que l'absence d'immédiateté rend l'exercice plus libre (que ne ferait-on pas comme projets à 10 ans...).

Le grand Toulouse est par ailleurs un cas particulier...l'aire urbaine y est étendue et les blocages intercommunaux imposés par la droite dans les précédentes mandatures à encore bien du mal à disparaître. Ainsi, par exemple, il est fait état, pour la première fois, des interconnexions avec la sous-Préfecture de...MURET.  Partiellement absente des projets antérieurs, elle est donc, aujourd'hui, dans le périmètre du programme de déplacement ! Il s'agit de quelques 14 communes représentant plus de 70 000 habitants (excusez du peu), situées  à 23 kms du Capitole qui, enfin, se voient reconnues comme satellites de Cassoulet ‘city. Il suffisait de constater  l'engorgement constant des 4 voies actuelles pour comprendre  de la nécessité d'intégrer le muretain à l'aire du GRAND Toulouse


De même l'ont peut évoquer de la disparition des blocages de Pierre COHEN face aux préoccupations légitimes du SICOVAL et des demandes constantes  d'une liaison par tramway du secteur de Labège où transite juste quelques 70 000 véhicules/jour !


L'exercice de rétablissement est donc particulièrement intéressant à observer. Notre Maire aurait, seul, en son âme et conscience, modifié sa position. Comme si les pressions externes n'avaient pas influencé cette décision...en d'autres termes comme si aucune tractation n'avait été opérée dans le cadre des autorisations de reprise des travaux de la ligne G. Qui pourrait le croire ?

Ainsi, les indispensables présentations du projet (dans le cadre d'une concertation rendue obligatoire par décret) sont illustratives des difficultés des élus à arbitrer sans tenir compte des directives des tutelles de l'Etat. Quelque part ça rassure. Le pouvoir a des limites, dont acte.

Nous assistons, pour le plus grand bonheur des intéressés, à un retournement comportemental où les blocages semblent s'évanouir au seul bénéfice des usagers. A la vérité, le travail est dicté par les nécessités préfectorales. Naturellement il appartient aux élus d'en traduire les directives dans des discours de circonstances et un "habillage" décisionnel plaisant à observer...

Le plus étonnant dans le cas de Cassoulet ‘land c'est, d'une part, le silence autour de l'arrivée (éventuelle) du TGV et son influence sur l'aire urbaine (composée de plus de 400 communes), d'autre part, l'absence d'une réelle politique du stationnement relais aux portes de Toulouse. Comme si ces sujets ne méritaient pas une attention particulière. L'on peut imaginer que ces oublis seront rapidement réparés; il y a suffisamment d'intervenants externes pour soulever ces deux points indispensables à une politique harmonieuse des déplacements...

Attendons sereinement la suite... 

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Pino 08/12/2011 20:48


Pierre Cohen est revenu à la raison. N'ayant plus aucun destin national, il oeuvre à sa réélection. Bloquer le projet de prolongation de la ligne B aurait pu lui coûter cher. Vive le Pierre Cohen
pragmatique!

Marius 14/12/2011 07:30



L'idéologie ne resiste pas à la logique. Sauf a considérer le temps perdu la pression de la population et le bon sens commun suffise à redresser la barque. Malheureusement le temps est de
l'argent et la compétition entre les grandes métropoles laisse Toulouse sur le tapis !



Cat 08/12/2011 16:25


Excellent compte-rendu, Marius. On se reprend à espérer si le bon sens finit par supplanter des positionnements idéologiques rigides et peu démocratiques.